Moins d’un travailleur non salarié sur deux dispose d’un contrat de prévoyance, selon le baromètre 2026 réalisé par l’institut CSA. Avant de parler de contrat, il faut savoir ce que la prévoyance des indépendants prévoit déjà dans le régime obligatoire, et où elle s’arrête.

Prévoyance des indépendants : une majorité sans contrat

La France compte près de 4,9 millions de travailleurs indépendants fin 2025, d’après l’Urssaf. Parmi les travailleurs non salariés (TNS) interrogés par l’institut CSA au printemps 2026, 44 % ont un contrat de prévoyance. Ce contrat complète le régime obligatoire en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.

L’écart se creuse selon le revenu. Le taux d’équipement est de 33 % sous 40 000 euros de revenus annuels et de 73 % au-dessus de 60 000 euros. Parmi ceux qui n’ont pas de contrat, 60 % citent le prix comme premier frein.

Le prix n’explique pas tout. Beaucoup d’indépendants n’ont jamais comparé ce que leur régime verse avec ce dont leur foyer a besoin.

Arrêt de travail : ce que verse l’Assurance Maladie

Les règles sont publiques, et elles sont précises. Pour un artisan ou un commerçant, l’indemnité journalière est versée à partir du 4e jour d’arrêt. Il faut justifier d’au moins 12 mois d’affiliation continue dans l’activité.

Le montant est égal à 1/730e de votre revenu d’activité annuel moyen, calculé sur les trois dernières années civiles. Avec 30 000 euros de revenu annuel moyen, cela donne environ 41 euros bruts par jour. Le plafond est de 65,84 euros bruts par jour en 2026.

Deux points sont souvent ignorés. En dessous de 4 582 euros de revenu annuel moyen, l’indemnité est nulle pour un arrêt débutant en 2026. Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire, pas le chiffre d’affaires encaissé.

Pour les professions libérales, le calcul est le même, avec un plafond de 197,51 euros bruts par jour. L’Assurance Maladie ne verse toutefois ces indemnités que pendant 90 jours au maximum. Les avocats relèvent d’un dispositif distinct.

Dans tous les cas, vos charges professionnelles continuent de courir pendant l’arrêt : loyer, cotisations, abonnements, échéances de prêt.

Invalidité et décès : des montants plafonnés

Si l’arrêt se prolonge et que votre capacité de travail est durablement réduite, une pension d’invalidité peut prendre le relais. Pour les artisans et commerçants, elle représente 30 % du revenu annuel moyen en cas d’incapacité partielle au métier. Elle passe à 50 % en cas d’invalidité totale et définitive.

En cas de décès d’un artisan ou d’un commerçant en activité, ses proches peuvent percevoir, sous conditions, un capital de 9 612 euros en 2026. S’y ajoutent 2 403 euros par enfant orphelin. Ces sommes aident à faire face aux premiers frais. Elles ne remplacent pas un revenu.

Ces montants éclairent un autre résultat du baromètre CSA. Seul un tiers des TNS s’estime correctement protégé par son régime obligatoire. Et 62 % déclarent qu’ils ne pourraient pas maintenir leur niveau de vie plus d’un mois avec les seules prestations obligatoires.

Ce que cela change pour vous

Quelques vérifications simples permettent de savoir où vous en êtes :

  • Votre revenu de référence. Retrouvez vos revenus déclarés des trois dernières années et divisez la moyenne par 730. Vous obtenez votre indemnité journalière brute théorique.
  • Vos charges fixes. Additionnez charges personnelles et professionnelles sur un mois. Comparez avec ce que vous percevriez en arrêt.
  • Votre ancienneté d’affiliation. Avant 12 mois d’activité continue, vous n’avez pas droit aux indemnités journalières.
  • Votre caisse. Si vous exercez en profession libérale, demandez à votre caisse de retraite ce qu’elle prévoit après 90 jours d’arrêt, en invalidité et en cas de décès.
  • Vos contrats existants. Relisez les délais de franchise, les exclusions et la définition de l’invalidité retenue. Vérifiez aussi les garanties de vos assurances de prêt.
  • Votre situation familiale. Un mariage, une naissance ou un emprunt changent le besoin de couverture.

Si vous souhaitez faire ce point avec un regard extérieur, un conseiller FIDL CAP peut reprendre ces éléments avec vous.

Sources

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