Quand le budget se tend, il faut parfois puiser dans son épargne. Selon le placement, un retrait peut être gratuit, taxé, ou entraîner la fermeture du produit.

Le contexte explique que la question se pose. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages par unité de consommation a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre 2026. Leur taux d’épargne est passé de 17,9 % à 17,2 % du revenu disponible. Il n’existe pas d’ordre de retrait valable pour tout le monde : il dépend de vos contrats, de leur ancienneté et de votre situation fiscale. Voici les règles à connaître.

Les livrets : disponibles et sans impôt

Le Livret A et le LDDS sont les plus simples. Les retraits sont libres et les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Un retrait ne coûte donc rien, sinon les intérêts futurs.

Le CEL fonctionne presque de la même façon : les retraits sont libres, à condition de laisser 300 € sur le compte. S’il a été ouvert depuis le 1er janvier 2018, ses intérêts sont taxés à 30 %.

Le PEL est différent : un retrait entraîne sa clôture. Avant 2 ans, les intérêts sont recalculés au taux du CEL. Entre 2 et 4 ans, vous perdez tout ou partie des droits à prêt. Après 4 ans, la clôture se fait sans pénalité.

Assurance-vie : puiser dans son épargne sans tout taxer

L’assurance-vie n’est pas bloquée. Vous pouvez faire un rachat partiel à tout moment. Seule la part de gains comprise dans le rachat est imposable, pas le capital que vous avez versé.

Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, la règle est la suivante :

  • avant 8 ans, les gains sont imposés à 12,8 % ;
  • après 8 ans, ils sont imposés à 7,5 % pour la part correspondant à des versements ne dépassant pas 150 000 €, tous contrats confondus, et à 12,8 % au-delà.

Après 8 ans, vous bénéficiez aussi d’un abattement annuel sur les gains : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Cet abattement vaut pour l’ensemble de vos contrats et ne se reporte pas d’une année sur l’autre. Vous pouvez dans tous les cas opter pour le barème progressif.

Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains, quelle que soit l’ancienneté du contrat. L’abattement ne s’y applique pas.

PEA et compte-titres : la date et les cours comptent

Sur un PEA, le seuil est de 5 ans à compter du premier versement. Avant 5 ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan, et les gains sont imposés à 12,8 %, plus les prélèvements sociaux. Quelques exceptions sont prévues par la loi.

Après 5 ans, un retrait partiel ne ferme pas le plan. Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux.

Sur un compte-titres, il n’y a aucune condition de durée. La plus-value de cession est taxée à 31,4 % en 2026 : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème reste possible. Une moins-value s’impute sur les plus-values de l’année, puis sur celles des 10 années suivantes.

Les placements en actions et en unités de compte comportent un risque de perte en capital. Vendre quand les cours sont bas revient à acter cette perte.

PER : bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas précis

Le PER n’est pas fait pour un besoin de trésorerie. Il ne se débloque avant la retraite que dans des cas limités :

  • décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
  • invalidité ;
  • surendettement ;
  • expiration des droits au chômage ;
  • liquidation judiciaire pour un indépendant ;
  • achat de la résidence principale.

Dans les cas d’accident de la vie, les versements sortent sans impôt et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Pour l’achat de la résidence principale, les versements déduits à l’entrée sont soumis à l’impôt sur le revenu.

Ce que cela change pour vous

Avant tout retrait, vérifiez ces points :

  • La date d’ouverture de chaque placement. Les seuils sont de 4 ans pour le PEL, 5 ans pour le PEA et 8 ans pour l’assurance-vie. À quelques mois d’un seuil, attendre peut changer la facture.
  • La part de gains dans votre contrat d’assurance-vie. Plus elle est faible, moins le rachat est taxé.
  • L’abattement annuel. Voyez si vous l’avez déjà utilisé cette année sur un autre contrat.
  • La valeur actuelle de vos supports en actions ou en unités de compte. Regardez si vous êtes en gain ou en perte.
  • Les conséquences du retrait. Il peut fermer le produit ou empêcher de nouveaux versements.
  • Les frais ou délais prévus par votre contrat.

Si vous envisagez un rachat sur votre contrat d’assurance-vie ou un déblocage de votre PER, parlez-en avec un conseiller FIDL CAP avant de signer la demande.

Sources

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